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Kadesh s'amuse avec la bellum spartacium...

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1 Kadesh s'amuse avec la bellum spartacium... le Ven 22 Juin 2018 - 18:42

Paskal


La guerre de spartacus (73-72 av. J.-C.)

Il arrivait que, malgré les précautions prises par le lanista (trafiquant d'esclaves possesseur d'une école de gladiateurs), des révoltes se produisaient, elles étaient en général rapidement réprimées par les forces de police locales et tout rentrait dans l'ordre.

Lorsque soixante-quatorze pensionnaires, des thraces, des gaulois, des germains, s'évadèrent de l'école de lentulus batiatus, située à capoue, personne ne pouvait soupçonner que cet événement mineur serait à l'origine d'un des plus grands dangers courus par rome au cours de son histoire.

Les instigateurs de l'évasion étaient spartacus, un thrace de naissance libre qui avait servi comme auxiliaire dans l'armée romaine, avait déserté et, repris, avait été réduit en esclavage, crixus et oenomaüs, des gaulois, eux aussi , croit-on, esclaves de fraîche date.

Les évadés se réfugièrent sur les pentes du vésuve.

Le pouvoir ne prit l'affaire au sérieux à capoue et à rome, où les esprits étaient préoccupés par les événements d'espagne et d'orient, que lorsque des milliers d'esclaves eurent rejoint les évadés.

Comme d'habitude dans ce genre de situation, le sénat se contenta d'envoyer des cohortes d'auxiliaires dont elle confia le commandement au préteur claudius glaber.

Celui-ci bloqua les révoltés : il savait qu'ils étaient mal armés et dépourvus de vivres ; il suffisait donc d'attendre que la faim les réduisît à se rendre.

C'était sans compter sur la forte personnalité de spartacus, qui n'était pas seulement doué d'une force herculéenne mais aussi d'une intelligence très pragmatique : il comprit qu'il ne pouvait affronter en bataille rangée même les troupes médiocres du préteur.

Les assiégés remarquèrent que les Romains ne gardaient pas la position du côté d'un à-pic qu'ils jugeaient impraticable.

C'est de ce côté que spartacus fit descendre ses hommes, de nuit, à l'aide d'une échelle fabriquée avec des sarments de vigne, contourna les positions romaines et, profitant de l'effet de surprise, les mit en déroute.

Après ce succès, spartacus, qui vit ses effectifs augmenter, organisa des raids pour assurer la subsistance de ses hommes et pour s'emparer des armes nécessaires pour combattre les troupes que ne manquerait pas d'envoyer rome.

Il s'empara en même temps d'un butin qui allait lui servir ultérieurement de monnaie d'échange pour satisfaire les besoins d'une véritable armée.

De fait les préteurs envoyés pour mettre fin à cette rébellion qui menaçait les riches propriétés des grands propriétaires terriens -des sénateurs- furent successivement tous battus.

Ce n'était plus une simple révolte à laquelle rome devait faire face mais une guerre qu'il fallait soutenir.

Les insurgés divisèrent leurs forces en deux (oenomaüs avait été tué) : crixus, avec vingt mille ou trente mille hommes, gagna la lucanie tandis que spartacus, avec des forces plus importantes encore se dirigea vers le Nord pour gagner la plaine du pô après avoir traversé le picenum.

Les historiens modernes s'interrogent sur les raisons de ce partage.

S'agit-il d'un différend entre les chefs, crixus et ceux qui le suivaient jugeant suffisant de vivre sur le pays en le pillant, spartacus nourrissant des projets plus ambitieux ?

Les avis divergent .

Il se peut que spartacus ait pensé reconduire ses hommes dans leurs pays puis qu'il renonça à ce projet pour engager une action beaucoup plus hardie et dangereuse pour rome, soulever partout sur son passage les masses serviles et ranimer les sentiments d'hostilité des peuples d'italie encore sous le coup de la guerre sociale, appelée aussi guerre des alliés (socii en latin), qui avait duré deux ans de 90 à 88.

Dans ce cas les deux chefs se seraient partagé la tâche.

Le sénat, alarmé, chargea les consuls gellius et lentulus de la guerre avec deux légions chacun.

Gellius, au Sud, vainquit crixus et anéantit les deux tiers de son armée, lentulus devait arrêter spartacus dans sa progression.

Après la défaite de crixus, spartacus vainquit d'abord lentulus puis il se retourna contre gellius, dont il dispersa l'armée.

Puis il honora les mânes de crixus par des jeux funèbres au cours desquels, suprême humiliation pour rome, il contraignit trois cents soldats romains prisonniers à se battre et à se tuer entre eux.

Il paracheva ses succès en mettant en déroute le gouverneur de la gaule cisalpine caius cassius.

Rome pouvait tout craindre, comme au temps d'hannibal.

Mais spartacus, dont les forces, pourtant, avaient grossi -il aurait disposé de cent vingt mille hommes- renonça, on ne sait pourquoi.

Ce qui est sûr, c'est que malgré les apparences, sa situation n'était pas aussi favorable qu'on pourrait le penser.

Le soutien de l'armée de crixus lui faisait désormais défaut, les peuples italiens ne bougèrent pas, ayant obtenu ce qu'ils désiraient, le droit de cité, et méprisant les esclaves, le long de l'Adriatique il traversait des régions où les lois agraires des gracques avaient permis le développement de propriétés de dimensions modestes où travaillaient des esclaves mieux intégrés, non pas des masses serviles comme en Campanie ou en Sicile, promptes à la sédition.

Nulle part spartacus ne put trouver un lieu où s'installer de façon durable, jamais il ne put réunir des forces comparables à ses prédécesseurs siciliens.

Pour marcher sur rome avec une chance de victoire décisive, il lui eût fallu disposer de troupes mieux armées et mieux entraînées.

Il renonça ou remit à plus tard.

Dans sa marche vers le Sud, il triompha encore une fois des deux armées réunies des consuls dans le picenum, ce qui mit fin à la campagne de 72, et il rassembla ses forces dans le bruttium, en instituant la ville de thurii sa capitale.

La carte dit assez qu'il s'était enfermé comme dans une sorte de nasse.

Rome respirait : elle n'était plus sous la menace d'une attaque prochaine.

Spartacus, lui, préparait l'avenir en échangeant avec le monde grec les objets du butin contre les matériaux destinés à la fabrication des armes.

Pour conduire la guerre, le sénat fit appel au préteur marcus licinius crassus, un choix surprenant puisqu'il succédait à deux consuls et qu'il n'avait jamais eu l'occasion de se distinguer dans une campagne militaire.

Mais peut-être personne ne s'était mis en avant pour mener une guerre dont on ne pouvait tirer une grande gloire si on la gagnait et qui déshonorerait celui qui la perdrait.

Crassus accepta parce qu'il était ambitieux et que cette guerre le concernait personnellement dans une certaine mesure : il était immensément riche -il recevra le surnom personnel de dives (le riche) et sa richesse reposait en partie sur le très grand nombre des esclaves qu'il possédait et dont il tirait un revenu régulier en les louant.

Sa famille était honorablement connue mais il devait sa fortune au rôle qu'il avait joué auprès du dictateur sylla (il aurait multiplié ses biens par vingt grâce aux proscriptions) et à une spéculation immobilière qui en faisait un des plus grands propriétaires de maisons et d'appartements à louer à rome.

Sénateur, il était lié aux milieux d'affaires.

Sans scrupules et opportuniste, il entretenait une rivalité aiguë avec pompée (plutarque, crassus).

Or celui-ci, ayant vaincu sertorius, s'apprêtait à revenir dans la ville une fois qu'il aurait rétabli l'ordre romain en espagne.

Crassus devait faire vite pour conquérir une place de premier plan dans le monde politique.

Rome vit en lui un sauveur et elle lui confia dix légions.

Fait inhabituel, crassus engage les opérations en octobre et il les finance sur ses deniers.

Il ne cherche pas à engager le combat avec l'armée de spartacus, dont il se contente de contrecarrer les raids qu'il lance pour se ravitailler.

Son légat, désobéissant à ses ordres, attaque une partie des troupes de spartacus, avec deux légions, mais subit un désastre.

Pour faire un exemple et impressionner les esprits, crassus n'hésita pas à remettre en usage un châtiment qui n'était plus pratiqué, celui de la décimation.

Cinquante soldats sur cinq cents considérés comme responsables de la défaite furent mis à mort.

Crassus remporta un succès sur une troupe de dix mille esclaves, en en tuant six mille. puis il livra bataille à spartacus lui-même.

Elle fut indécise, spartacus rompit le contact et se réfugia dans le sud du bruttium.

Spartacus conçut le projet de passer en Sicile en faisant appel aux pirates ciliciens, excellents marins, mais ceux-ci se dérobèrent.

Il construisit des radeaux qui ne résistèrent pas à la mauvaise mer de la saison.

Il était donc bloqué dans l'extrême Sud de la péninsule, d'autant plus étroitement que crassus lui barra le passage en creusant, sur cinquante cinq kilomètres de long un fossé de quatre mètres cinquante de profondeur, d'une largeur égale, et un remblai garni d'une palissade.

Dispositif infranchissable qui incita spartacus à engager des négociations qui échouèrent.

Cependant par une nuit de neige, il réussit à combler partiellement le fossé et à le faire franchir par un tiers de ses troupes.

Crassus dut lever le siège de peur d'être pris à revers et demanda au sénat de hâter le retour de pompée : il fallait qu'il fût découragé pour entreprendre une telle démarche.

La situation de spartacus n'était pas enviable pour autant : il devait faire face au mécontentement de certains dans ses propres rangs, tous ses mouvements étaient constamment épiés et contrôlés par crassus, il savait que le gouverneur de la macédoine, lucullus, avait débarqué à brindes avec son armée.

Des succès partiels, comme celui qu'il remporta sur le légat de crassus, quinctius, ne pouvaient que retarder l'échéance.

Il se résolut à livrer bataille, en lucanie.

Cette bataille serait décisive, il le savait.

De part et d'autre on se battit avec acharnement et soixante mille esclaves restèrent sur le terrain et, parmi eux, spartacus dont on ne retrouva pas le corps dans cet amoncellement de cadavres.

La guerre était finie.

Pompée extermina cinq mille esclaves qu'il rencontra sur sa route en étrurie.

Crassus fit crucifier six mille prisonniers sur les cent quatre-vingt quinze kilomètres de la via appia qui conduisent de capoue à rome.

Pompée eut les honneurs du triomphe pour les campagnes qu'il avait menées, crassus se contenta de l'ovation qui lui fut accordée pour sa victoire dans cette guerre.

Les deux hommes accédèrent au consulat alors qu'ils ne remplissaient pas les conditions exigées par la loi et inaugurèrent leur amitié nouvelle en redonnant aux hommes d'affaires les privilèges politiques dont ils avaient été dépouillés par sylla.

Quelques années plus tard, ils s'uniraient à césar pour former le premier triumvirat

Des trois principales guerres serviles , celle de spartacus a laissé le souvenir le plus fort (tacite,annales ).

On pourrait ajouter que des hommes libres, très pauvres , voire misérables , qui n'avaient aucun espoir de voir leur sort s'améliorer, rejoignirent les rangs des esclaves .

La répression aprés " la mort " de spartacus ,ne fut pas plus cruelle : au siécle précédent en sicile le consul calpurnius pison avait fait mettre en croix huit mille esclaves.

Mais en fait elle fut plus spectaculaire et, à ce titre, elle a frappé davantage les esprits que les guerres serviles du siécle précédent.

Les historiens s'accordent pour dire qu'elle n'avait pas plus de chances de triompher.

Cependant la guerre de spartacus est restée aux yeux des romains la guerre servile par excellence, peut-être parce qu'elle s'était déroulée en italie et qu'elle leur avait rappelé l'époque de la deuxième guerre punique.

Elle est devenue, dans notre siècle, un exemple pour les révolutionnaires du monde entier : un mouvement s'est réclamé de lui en allemagne, celui du spartakisme, qui a joué un rôle important dans la révolution de 1918.

Il est même plus qu'un exemple : un symbole.

Les détails sur spartacus et la guerre qu'il a menée sont connus grâce à plusieurs auteurs antiques :

la source la plus proche des faits est salluste.

Il est le seul qui aurait pu bénéficier du témoignage direct des acteurs des événements (sauf les esclaves, presque tous morts).

De ses histoires, qui relatent les événements allant de 78 à 67 av. J.-C., il reste des fragments que voici.


L'italie était alors le théâtre d'une guerre qui menaça un instant le siège de la république.

Soixante-treize esclaves, détenus à capoue dans une académie de gladiateurs, brisent leurs armes et se réfugient sur le mont vésuve : voilà le faible commencement d'un embrasement qui, comme une lave brûlante, remplit l'italie de sang et de ruines.

Les esclaves avaient à leur tête un homme supérieur : c'était spartacus,


CCXCVI
lngens ipse virium atque animi.


Grand par son courage et sa vigueur, le préteur de la province, claudius pulcher, vient avec trois mille hommes les investir sur cette montagne.

Les gladiateurs lui échappant par un stratagème hardi, et se répandent dans la campanie.

Là ils voient leur troupe se grossir d'une foule de montagnards et de brigands du pays .

Spartacus appelle tous les esclaves à la liberté .

Dans les discours qu'il leur adresse, il insiste surtout sur la mollesse et la tyrannie des maîtres, qui tirent du travail et des sueurs de leurs esclaves le moyen de vivre au sein du luxe et des voluptés.

De tels hommes sont faciles à vaincre :

CCXCVII
Hi sunt qui secundum pocula et alias res aureas, diis sacrata instrumenta convivia mereantur.


Ce sont ceux qui, profanant des coupes et d'autres vases d'or, instruments consacrés au culte des dieux, font à table toutes leurs campagnes.

De toutes parts les esclaves accoururent sous ses drapeaux.

Bientôt il compte dix mille hommes sous ses ordres, et, pour les équiper convenablement, il leur prescrit


CCXCVIII
Exuant armis equisque


De dépouiller de leurs armes et de leurs chevaux les habitants des campagnes.

CCXCIX
Repente incautos agros invasis


Tout aussitôt, sur ces contrées sans défense on vit fondre cette armée d'esclaves .

La campanie est le premier théâtre de leurs excès .

Chacun d'eux,

CCC
Ex insolentia avidus male faciundi


D’autant plus ardent à mal faire que le pouvoir de nuire est nouveau pour lui se livre, comme à plaisir, à tous les abus de la force.

Après avoir saccagé cora, ils se surpassent encore par les horreurs qu'ils commettent à nucera, à noles.

A leur entrée dans cette ville, chacun d'eux courut s'attacher aux objets de sa haine ou de son ressentiment personnel.

On frémit au tableau de leurs cruautés :


CCCI
Nefandum in modum perverso volnere et interdum lacerum corpus semianumum omittentes, alii in tecta jaciebant ignes, multique ex loco servi, quos ingenium socios dabat, abdita a dominis aut ipsos trahehant ex occulto ; neque sanctum aut nefandum quicquam fuit irae barbarorum et servilii ingenio. Quae Spartacus nequiens prohibere multis precibus quo moraret (quum oraret) celeritate praevertere..... nuntios...,


Dans leurs caprices atroces, ils se plaisent à laisser à demi morts les corps déchirés des plus cruelles blessures ; on en voyait qui jetaient des feux sur les toits des maisons; nombre d'esclaves de l'endroit même, disposés par caractère à s'associer aux fugitifs, arrachaient des lieux les plus secrets les objets cachés par leurs maîtres ou leurs maîtres eux-mêmes.

Rien n'est sacré, rien ne paraît trop criminel à la fureur de ces barbares, à leur naturel d'esclaves spartacus, ne pouvant empêcher ces excès, malgré des prières réitérées...,leur fit donner, par quelques affidés, le faux avis que le préteur varinius glaber arrivait avec ses troupes.

Ce généreux stratagème sauva noles d'une entière destruction.

Ce préteur, en effet, n'était pas loin : spartacus voulait, à son approche, abandonner les plaines de la campanie et se replier en lucanie, derrière les montagnes de l'apennin.

Trois mille fugitifs gaulois, ayant pour chef oenomaüs, voulurent au contraire attaquer varinius : ils furent défaits, oenomaüs resta sur la place.

Ses compagnons, émules de sa valeur, vendirent chèrement cet avantage aux romains, et, après l'action, on trouva leurs cadavres


CCCII
Locum nullum, nisi in quo armati institissent


Sur la place même où ils avaient combattu.

Alors le reste des esclaves revint à l'avis de spartacus, et la retraite commença, inquiétée par quelques corps de cavalerie qu'avait envoyés en avant le préteur. spartacus,


CCCIb
Priusquam cum reliquo exercitu adesset Varinius, propere nanctus idoneos ex callibus duces, Picentinis, deinde Eburinis jugis occultus ad Nares Lucanas, atque inde, prima luce, pervenit ad Popili forum ignaris cultoribus. Ac statim fugitivi contra praeceptum ducis rapere ad stuprum virgines, matres; et alii...


Avant que varinius arrivât avec le reste de son armée, s'étant sur-le-champ assuré de bons guides à travers les sentiers, déroba sa marche en s'enfonçant dans les gorges des picentins, puis des eburinins, arriva à narès de lucanie, et de là, à la pointe du jour, à popliforme , dont les habitants ignoraient leur marche.

Aussitôt les fugitifs, au mépris des ordres de leur chef, violent les femmes et les filles, puis d’autres ...
ne songent qu'au meurtre et au pillage.

Spartacus surprend furius, lieutenant de varius, et lui tue deux mille hommes.

Varinius n'en parvint pas moins à resserrer les fugitifs dans une position désavantageuse


CCCIc
Deinde fugitivi consumptis iam alimentis, nec suppeditantibus ex propinquo,...tis ... instar et solita militiae vigilias stationesque et alia munia exsequentes, secunda vigilia cuncti egrediunlur, relicto buccinatore in castris et ad vigiliarum speciem procul visenti, erexerant fulta palis retentia cadavera ac signa.


Ensuite les fugitifs ayant consommé tous leurs vivres, et n’en pouvant tirer du voisinage,... sortent tous à la seconde veille, laissant dans leur camp un trompette, et, pour offrir à quiconque eût regardé de loin l'aspect de sentinelles, ils dressèrent sur des poteaux des corps récemment morts et des enseignes.

Spartacus, sorti de ce pas dangereux, s'achemine vers la mer supérieure, où il espérait se ménager une place de refuge.

Cossinius, détaché pour s'opposer à ce dessein, vient camper aux bains salants de l'apulie, entre les rivières du cerbale et de l'aufide.

Les gens du pays tombèrent à l'improviste sur son camp.

En ce moment


CCCIII
Cosinius in proximo fonte lavabatur


Cosinius se baignait dans une fontaine voisine

Il se sauva nu, et fut tué dans sa fuite.

Bientôt les fugitifs attaquent varinius lui -même, non qu'ils fussent tous armés en guerre, mais toute chose devenait une arme pour leur fureur : un épieu, une fourche ou tout autre outil de bois durci au feu, auxquels ils avaient donné

CCCId
M. Or trequii praeter s r ciem (duritiem) bello necessario (necessariam) haud multo secus quam ferro noceri poterat.


La dureté nécessaire pour combattre, portait des coups presque aussi dangereux que le sont ceux des armes de guerre .


CCCIe
At Varinius, dum haec aguntur a fugtiivis, aegra parte militum autumni gravitate, neque ex postrema fuga, quum severo edicto juberentur, ullis ad signa redeuntibus, et qui reliqui erant per summa flagitia detrectantibus militiam, quaestorem suum C. Thoranium ex quo praesente vera facillume noscerent. Commiserant (in Urbem miserant) et tamen interim cum volentibus numero quatuor,


Mais, tandis que les fugitifs obtenaient tous ces succès, voyant qu’une partie de ses soldats était atteinte des maladies qu’amère l’automne ; que, depuis leur dernière déroute, aucun ne revenait aux drapeaux, malgré l'édit sévère qui il avait rendu, et que ceux qui restaient mettaient la plus honteuse lâcheté à se refuser au service, varinius envoya c. thoranius, son questeur, à rome, afin que, par témoin oculaire, on sût mieux l'état des choses.

Néanmoins, en attendant son retour avec quatre cohortes de soldats de bonne volonté,il alla en avant contre l'ennemi ; mais, ayant reçu quelques renforts, il put être maître de la campagne, resserra les fugitifs dans leurs incursions, et leur interdit l’accès de la lucanie. 

Spartacus, dans la vue de rétablir ses communications avec cette province, s'approche du camp romain ; mais il était si bien fortifié, qu'il n'osa rien entreprendre.

CCCIf
Aliquot dies contra morem fiducia augeri nostris coepit et promi lingua. Qua Varinius contra spectatam rem incaute motus novos incognitosque, et aliorum casibus perculsos milites, ducit tamen ad castra fugitivorum.


Quelques jours après, nos soldats, contre leur ordinaire, commencent à sentir croître leur confiance, et à tenir un langage plus assuré.

Varinius est entraîné lui-même par cette ardeur inattendue ; il met de cóté les précautions, puis, des soldats novices, non encore éprouvés, et tout préoccupés des revers de leurs camarades, il les conduit néanmoins contre le camp des fugitifs.

Dés que les romains aperçoivent de loin ceux-ci rangés en bon ordre et poussant des cris menaçants, leur courage s'ébranle.


CCCIg
Presso gradu silentes jam, neque tam magnifice sumentes proelium, quam postulaverant.


Déjà, ralentissant le pas et gardant le silence, ils ne se présentent pas aussi superbement au combat qu'ils l'avaient demandé.

Ils attaquent cependant la ligne ennemie ;

CCCIV
Quod ubi frustra tentatum est, socordius ire milites occoepere, non aptis armis, uti in principio, et laxiore agmine.


Mais cette tentative n'ayant pas réussi, les soldats commencèrent à la charge avec plus de mollesse, en ne tenant pas leurs armes serrées comme ils l'avaient fait d'abord, et en desserrant les rangs.

D'ailleurs, harassés de s'être tenus en haleine depuis le matin, ils étaient si accablés par la chaleur.

CCCV
ut sustinere coprora plerique nequeuntes, fessi arma sua quique stantes incumberent.


Que la plupart, pouvant à peine se soutenir, s'appuyaient, fatigués et fixés sur leurs armes.

La défaite devient générale : varinius donne le signal de la retraite et se replie sur la lucanie, abandonnant aux esclaves toute la pointe de l'italie jusqu'au détroit.

FRAGMENTS DU QUATRIÈME LIVRE


A rome, les consuls avaient eu à pourvoir au soulagement du peuple, dans un moment où la cherté des blés, l'entretient de plusieurs armées employées à des guerres étrangères, et la révolte des fugitifs en italie, avaient épuisés toutes les ressources du trésor et des contribuables.

Gellius, l'un d'eux,

CCCXXVIII
Anxius animi atque incertus,


Plein d’anxiété et d'incertitude,
ne savait á quel parti s'arréter ;

CCCXXIX
At Cn. Lentulus patriciae gentis, collega ejus, cui cognomen Clodiano fuit, per incertum stolidior, an vanior legem de pecunia, quam Sulla emptoribus bonorum remiserat,.exigunda promulgavit.


Mais son collègue, cn. lentulus,d'une maison patricienne, et qui portait le surnom de clodianus, promulgua sans qu'on puisse dire s'il se montra plus inconsidéré qu'inconséquent à ses principes une loi partant qu'on exigerait des acheteurs des biens des proscrits toutes les sommes dont sylla leur avait fait la remise.

Cette proposition souleva tous les partisans de sylla.

CCCXXX
Omnes, quibus aetas senecto corpore, animus militaris erat,


Tous ceux qui, malgré leur âge, conservaient dans un corps vieilli l'esprit militaire étaient prêts à se soulever et à renouveler la guerre civile ; car, depuis les sanglantes querelles de sylla et de marius,

CCCXXXI
Qui quidem mos, uti tabes ; in Urbem conjectus


Dans rome était répandue, comme un fléau contagieux, la manie de vouloir tout décider par violence.

Il fallut renoncer à cette ressource dangereuse qu'assurément,

CCCXXXII
Consilii aeger


Bien mal conseillé,lentulus avait cru devoir mettre en avant.

Spartacus, loin de se laisser éblouir par ses succès, s'occupa sérieusement de discipliner la révolte dont il était le chef.

Il promulgua des lois et des statuts tendant à maintenir l'ordre parmi cette foule de gens sans aveu qui l'avaient choisi pour chef.

Ces lois n'avaient dans le principe été faites que pour la lucanie, d'où les fugitifs étaient d'abord sortis en plus grand nombre.

Mais, voyant affluer à son camp les esclaves de l'étrurie et de la gaule cisalpine, spartacus étendit ces règlements à tous les fugitifs des cités gauloises, latines ou étrusques, qui entraient dans la ligue.

Ainsi

CCCXXXIII
Citra Padum omnibus lex Lucania fratra facit.


la loi lucanienne devint commune à tous les fugitifs, même en deçà du Pô.

Pour mettre un frein à la cupidité des esclaves, il établit que, dans son camp,

CCCXXXIV
Neu quis miles, neve pro milite,


Aucun soldat, ni tout autre en faisant les fonctions,n’introduirait aucune matière d'or ou d'argent.

Les levées faites, gellius et lentulus marchent contre les fugitifs. 

Spartacus, fidèle à son système de circonspection, ne songe qu'à opérer sa retraite vers les alpes ; mais le chef des Gaulois, crixus,

CCCXXXV
Impotens et nimius animi est ;


Se laisse enfler par le succès, au point de ne se posséder plus ;
il ne rêve que la conquête de rome.

Ses compatriotes partageaient sa présomption.

Ainsi les fugitifs

CCCXXXVI
Dissidere inter se coepere, neque in medium consultare.


Commencèrent à ne plus être d'accord entre eux, et à ne plus tenir conseil en commun.

Mais la division devint plus marquée parmi eux au moment où la présence de deux consuls armés contre eux aurait dû les engager à l'union.

CCCIh
Atque illi certamini conscii, inter se juxta seditionem erant. Crixo et gentis ejusdem Gallis atque Germanis obviam ire et ultro obferre pugnam cupientibus ; contra Spartacum


Ainsi ces fugitifs. tous d'accord pour soutenir la lutte, étaient sur le point d'en venir entre eux à une sédition.

Crixus et ceux de sa nation, gaulois et germains, s'obstinèrent à aller au devant de l'ennemi, et à lui offrir la bataille ; spartacus, au contraire, de continuer son chemin pour exécuter son plan.

Gellius cependant s'était avancé le long de l'apennin.

Crixus, à la tête de ses vingt mille germains ou gaulois, marcha au-devant de lui par la lucanie et l'apulie, et le joignit sur le territoire des samnites.

Là on en vint aux mains.

Dans cette circonstance, la valeur impétueuse des gaulois leur procura un avantage dont ils ne surent pas profiter.

Ils avaient repoussé les romains, qui abandonnèrent leur camp.

Les Barbares y entrèrent, mais n'osèrent pas le piller entièrement pendant la nuit.

CCCXXXVII
Revorsi postero die, multa qui properantes deseruerant in castris, nacti quum se ibi cibo, vinoque laeti invitarent,


Le retour au camp le lendemain , ils trouvèrent quantité de choses que, dans leur précipitation, les romains avaient abandonnées ; et, pendant que, joyeux, ils s'excitaient à boire et à manger,ils furent surpris par les légions aux ordres du préteur arrius, qui les mit en complète déroute.

Crixus fut tué comme il tâchait, à force de valeur, de réparer sa faute.

Cependant spartacus dirigeait sa marche par la branche des apennins qui longe l'étrurie.

Mais il trouva le consul lentulus disposé à lui disputer le passage.

Il résolut de le forcer avant qu'il eût opéré sa jonction avec gellius.

CCCXXXVIII
Igitur legiones pridie in monte positas arcessivit ;


Il fit donc harceler les légions, qui depuis la veille étaient postées sur la montagne ;mais lentulus,

CCCXXXIX
Collegam minorem, et sui cultorem exspectans


attendant son collègue, moins âgé que lui, et qui lui témoignait beaucoup d'égards,n'accepta point la bataille.

Cependant gellius approchait.

Au moyen d'abatis et de tranchées pratiquées dans les défilés, spartacus arrête la marche de cet adversaire comme il était déjà presque à la vue des légions de lentulus, puis il attaqua ce dernier avec impétuosité.

CCCXL
Et eodem tempore Lentulus duplici acie locum editum multo sanguine suorum defensus , postquam ex sarcinis paludamenta adstari et delectae cohortes intelligi coepere,


En même temps lentulus , qui, en présentant un double front, avait su défendre sa position sur une élévation, non sans perdre beaucoup de monde, dès qu'il aperçut la casaque de pourpre sur les bagages de son collègue, et que les cohortes d'élite, commençant à se montrer à ses yeux,débouchaient de la vallée voisine, n'hésita pas à quitter les hauteurs pour accélérer sa jonction avec son collègue ; mais il ne fit que ménager à spartacus une victoire plus facile et plus complète, à la suite de laquelle, afin d'honorer les mânes de crixus, il força

CCCXLI
Oppobrii gratia,


Pour les couvrir d’opprobre quatre cents prisonniers romains de combattre comme gladiateurs autour du bûcher de ce chef.

Malgré ce sucrés, spartacus, toujours éloigné de toute présomption,

CCCXLII
Avidior modo properandi factus


N’en fut que plus empressé à hâter sa marche vers les alpes.

Arrivé sur le pô, un débordement subit arrêta son mouvement vers les alpes, et le força de se replier sur rome.

Le préteur arrius, ayant recueilli les débris des légions dans le picénum, vient au-devant des fugitifs : il leur livre bataille, il est vaincu ; et les romains, dans une déroute complète,

CCCXLIII
Divorsa, uti solet rebus perditis, capessunt. Namque alii fiducia gnaritans locorum occultam fugam, alii globis eruptionem textavere


Prennent, comme il arrive en un pareil désastre, la fuite en diverses directions ; les uns, se fiant à la connaissance des lieux, essayent à se dérober par la fuite ; les autres , se ralliant en petits corps, forcent les passages.

D'autres, ayant sur leur chemin

CCCXLIV
Rursus jumenta nancti ad oppidum ire conntendunt.


Trouvé des bêtes de somme, se hâtent de se réfugier dans la ville voisine.

Ce désastre jette la consternation dans rome.

La foule des citoyens, les femmes, les enfants éperdus.

CCCXLV
Genua Patrum advolvuntur,


Se jettent aux genoux des sénateurs,pour les conjurer de détourner le danger qui menace la ville.

Crassus, alors préteur, se présente : il s'offre à marcher contre les fugitifs .

Sa confiance inspire quelque résolution aux bons citoyens ; ils viennent en grand nombre et s'enrôlent sous ses ordres. Ayant pris

CCCXLVI
Ab his omnes evocatos et centuriones


parmi eux tous les vétérans et centurions retirés du service, il en forme le noyau de ses nouvelles levées.

Il eut avis aussi que les villes latines assemblaient une troupe

CCCXLVII
Quae cis paucos dies juncta in armis foret.


Qui en peu de jours se trouverait réunie sous les armes.

Quae cis paucos dies juncta in armis foret.


A peine sorti de rome, il envoya en avant mummius, son lieutenant, avec ordre de recueillir les débris de l'armée d'arrius, et d'éviter surtout une action avec spartacus.

Mummius n'obéit pas : il fut vaincu ; et crassus, après avoir recueilli les fuyards, sévit contre les troupes de mummius, qui avaient montré de la lâcheté. Il fait décimer les cohortes,

CCCXLVIII
Sorte ductos fusti necat.


Et périr sous le bâton ceux que le sort a désignés.

CCCXLIX
Dein, lenita jam ira, postero die liberalibus verbis permulcti sunt.


Ensuite, sa colère étant apaisée, il réconforta le lendemain ses légionnaires par des paroles encourageantes.

Fidèle au plan qu'il avait prescrit à mummius, après s'être emparé des défilés de l'apennin, il se contente d'observer la marche de spartacus, le harcelant quelquefois, et ne s'arrêtant jamais

CCCL
Ex parte cohortum praecipere instructa, et stationes locatae pro castris,


Sans tirer de chaque cohorte les soldats les mieux dressés, qu'il portait en gardes avancées au-devant de son camp.

Spartacus reconnut qu'il avait un adversaire digne de lui, et il reprit le chemin de la lucanie, suivi d'assez prés par l'armée romaine.

Il voulait regagner son ancienne retraite dans l'abruzze, avec l'espoir de s'y maintenir en prenant position sur l’apennin.

De ce côté,

CCCLI
Omnis Italia coacta in angustias scinditur in duo promontoria bruttium et salentinum.


Toute l'italie, resserrée par un détroit, se termine coupée par deux promontoires, celui du bruttium et celui des salentins.

Il se flattait, à tout événement,

CCCLII
Serum bellum in angusstiis futurum.


Que dans des défilés la guerre pourrait se prolonger.

Spartacus comptait, en outre, passer en sicile sur les vaisseaux des pirates, et transporter le théâtre de la guerre dans cette île où deux fois les esclaves en révolte avaient osé faire tête aux romains.

Serrés de près par l'armée de crassus, les fugitifs

CCCLIII
In silva Sila fugerunt.


Se réfugièrent dans la forêt sila.

Alors spartacus entra en marché avec les pirates, pour qu'ils lui fournissent des bâtiments de passage ; mais ceux-ci, après avoir reçu l'argent, repartirent.

Crassus, pour enfermer spartacus dans la pointe méridionale de l'italie, fit creuser un fossé d’une mer à l'autre.

Dès que ce

CCCLIV
Labos,


Travail,qui employa plusieurs

CCCLV
Luces,


Journées fut achevé, les fugitifs se virent

CCCLVI
Clausi lateribus, altis pedem


Enfermés de tous cotés par un retranchement de [quinze] pieds de profondeur sur autant de large ; nul moyen de s'échapper.

Spartacus songe alors à passer le détroit sur des radeaux ; mais l'entreprise était impossible dans cette mer resserrée.

C'est ici le lieu de parler de la situation relative de la sicile et de l'italie.

A ce sujet, les traditions varient, et la tradition

CCCLVII
In quis longissimo aevo plura de bonis falsa in deterius composuit.


A parmi ces récits, grâce à l'éloignement des temps, rendu encore plus absurdes plusieurs fables tirées
d'un fond de vérité.

CCCLVIII
Otaliam conjunctam Siciliae constat fuisse; et, dum esset una tellus, medium spatium, aut per humilitatem obrutum est aquis, aut propter angustiam scissum,


II est certain que l'italie fut jointe à la sicile ; et, lorsqu'elle ne formait qui un seul continent, l'isthme qui les unissait s'est trouvé ou submergé par les eaux, à cause de son peu d'élévation, ou coupé par elles, à cause de son peu d'étendue,

CCCLIX
Atque hiavit humus vasta et profunda


Et le sol s'entr’ouvrit à une grande profondeur, qui fut aussitôt comblée par les flots de la mer.

CCCLX
Inde Rhegium nominatum.


De là ce lieu a été nommé rhegium.

CCCLXI
Ut autem curvum sit, facit natura mollioris Italiae, in quam asperitas et altitudo Siciliae aestum relidit ;


Ce qui arrondit ce détroit, c'est le gisement du sol de l'italie, qui est plus bas, et la hauteur du sol de la sicile, qui rejette sur cette contrée l'action des vagues,car, à vrai dire, le terrain

CCCLXII
Italia plana et mollis,


De l'italie est peu élevé, et doux à gravir,à l'exception des dépendances de la chaîne de l'apennin.

On prétend que, pour garantir la sicile des débordements auxquels elle se trouvait exposée, ses habitants construisirent, à force de bras, une digue très-élevée. C'est aujourd'hui

CCCLXIII
Pelorum , promontorium Siciliae, respiciens Aquélonem, dictum a gubernatore Annibalis illic sepulto, qui fuerat occisus per regis ignorantiam, quum se ejus dolo crederet esse dereptum, veniens de Petilia


Le cap pélore, situé dans la partie septentrionale de la sicile, ainsi appelé du nom d'un pilote d'hannibal, qui y fut inhumé.

Il fut victime de l'ignorance de son chef, qui, à son retour de petilia, croyait avoir été égaré par la trahison de ce pilote dans ces parages qui lui étaient inconnus,

CCCLXIV
Ad Siciliam vergens faucibus non amplius patet millibus V et XXX.


Le détroit qui forme courbure le long de la sicile n’a pas plus de trente-cinq milles de long.

CCCLXV
Est autem arctissimum trium millium spatio Siciliam ab Italia dividens, fabulosis infame monstris , quibus hinc et inde Scylla et Charybdis ostenditur. Scyllam accolae saxum in mari imminens appellant, simile celebratae formae procul visentibus. Unde et monstruosam speciem fabulaa illi dederunt, quasi formam hominis capitibus succinctam caninis, qui collisi ibi fluctus latratus videntur exprimere.


Dans sa moindre largeur, il sépare la sicile de l'Iitalie sur un espace de trois mille pas.

II est fameux par ces monstres fabuleux, charybde d'un côté, scylla de l'autre, qui se montrent au navigateur.

Les habitants appellent scylla un rocher qui s'élève au-dessus de la mer, et qui, de loin, offre à l'oeil quelque apparence de la forme qu'on lui a tant attribuée : voilà pourquoi la Fable lui a donné l'aspect d'un monstre à forme humaine, entouré de têtes de chiens, parce que les flots, qui se brisent contre cet écueil, font un bruit qui ressemble à des aboiements.

CCCLXVI
Charybdis, mare vorticosum,


autour de charybde la mer forme un gouffre, car elle engloutit tout ce qui s'en approche ; ce qui a donné lieu à la fable d'une femme vorace qui, pour avoir enlevé les boeufs d'Hercule, fut d'un coup de foudre précipitée dans la mer.

Les courants que forment charybde,

CCCLXVII
Quod forte illata naufragia sorbens gurgitibus occultis, millia sexaginta tauromenitana ad litora trahit,


Absorbant par des gouffres cachés les objets naufragés que des accidents y amènent, vont les poster à soixante milles de là, aux ravages de tauromenium,

CCCLXVIII
Ubi se laniata navigia fundo emergunt.


Où les vaisseaux, mis en pièces, ressortent du fond des eaux.

Traverser un pareil détroit sur des radeaux et de faibles embarcations était impossible.

Les fugitifs revinrent donc dans la forêt sila, résolus de forcer, les armes à la main, le fossé creusé par crassus ;

CCCLXIX
Sin vis obsistat, fer o quam fame aequius perituros.


Car, si les efforts de l'ennemi y mettaient obstacle, encore valait-il mieux périr par le fer que par la faim.

Ce coup désespéré réussit ; les fugitifs franchirent la barrière. Le dessein de spartacus était de gagner brindes et de faire une nouvelle tentative pour sortir d'italie par mer ; mais les gaulois, toujours disposés à la révolte, firent de nouveau bande à part, et allèrent camper sur les marais salans de lucanie.

Crassus marche aussitôt au-devant d'eux, les attaque, les bat ; et il en aurait fait un grand carnage, si spartacus, qui survint, n'eut donné à ses ingrats compagnons le temps de se rallier et de se retrancher sur le mont calamarque.

Dans une seconde journée, un détachement romain, aux ordres de pontinius et de marcius rufus, lieutenants de crassus, était au moment de s"emparer, à la faveur de l'obscurité, d'une éminence qui dominait le camp gaulois :

CCCLXX
Quum interim, lumine etiam tum incerto, duae Galliae mulieres conventuum vitantis, ad menstrua solvenda,montem ascendunt


Lorsque, sur l'entrefaite, le jour commençant à peine à poindre, deux femmes gauloises, qui, pour passer leur époque, étaient au moment de se séquestrer de la société, gravirent la hauteur d'un autre côté.

Elles découvrirent la marche du détachement, et donnèrent l'alarme au camp.

Les gaulois, avertis, reçurent si bien ceux qui comptaient les surprendre, qu'ils auraient remporté à leur tour la victoire, si crassus n'était survenu avec le gros de l'armée.

Il choisit, pour les attaquer, un bas-fond humide où l'avantage du terrain était pour lui

CCCLXXI
Simul eos et cunctos jam inclinatos laxitate loci, plures cohortes, atque omnes, ut in secunda re, pariter acre invadunt.


Alors, comme ils étaient tous et chacun en désordre, à cause de la difficulté de se tenir sur leurs pieds dans ce terrain glissant, ils virent tomber sur eux les premières cohortes, puis le reste de l'armée de crassus, avec cette ardeur qui ne manque jamais au soldat quand il est sûr de l'avantage.

Les gaulois furent repoussés et perdirent dix mille hommes.

Dans une seconde action, qui eut lieu le soir même, crassus remporta une seconde victoire sur les fugitifs ; six mille des leurs restèrent encore sur le champ de bataille.

Les romains firent neuf cents prisonniers, et recouvrèrent cinq aigles romaines, vingt-six drapeaux et cinq faisceaux armés. de haches.

Toutefois, à rome, la consternation était extrême, et le peuple demandait à grands cris le rappel de pompée.

Cet heureux général, après avoir détruit ou rallié à ses drapeaux les armées ennemies, n'avait plus qu'à faire rentrer dans l'obéissance les villes jusqu'alors demeurées fidèles au parti de sertorius.

Calagurris seule opposa une résistance invincible.

Les habitants, plutôt que de se rendre, eurent le courage de manger les corps de leurs femmes et de leurs enfants morts de faim ;

CCCLXXII
Parte consumta, reliqua cadaverum ad diuturnitatem usus sallerent.


Et, après avoir consommé une partie des cadavres, ils salèrent le reste, afin de le conserver pour cet usage.

La ville finit par être prise d'assaut, détruite, et les habitants passés au fil de l'épée.

Les romains, en entrant dans la place, trouvèrent

CCCLXXIII
Reliqua cadavera salita.


Le reste des cadavres en salaison.

La ruine de calagurris entraîna la fin de la guerre en espagne.

Metellus alors sortit de la péninsule et

CCCLXXIV
Exercitum dimisit, ut primum Alpes digressus est.


Licencia son armée, dés qu'il eût passé les alpes.

Toujours épris de son importance,

CCCLXXV
Pompeius, devictis Hispanis, tropaea in Pyrenaeis jugis constituit.


Pompée éleva sur les monts pyrénées des trophées, monument de ses victoires sur les espagnols.

C'est à cela qu'il employa ses troupes ; accoutumé qu'il était à braver les lois, il n'eut garde de les licencier.

Spartacus cependant s'était réfugié sur le mont cliban, près de pétélie.

Crassus détache contre lui tremellius scrofa, son questeur, et quinctius, son lieutenant ; ils sont défaits, et, cette victoire inspirant aux fugitifs une confiance funeste, ils forcent leur capitaine à les conduire en lucanie.

C'était aller au-devant des désirs de Crassus, qui voulait vaincre avant l'arrivée de pompée.

Le résultat d'une dernière bataille, que spartacus aurait voulu éviter, fut décisif : il y perd la vie, et sa mort devient la fin de la guerre ; mais dans cette action les fugitifs ont bien fait leur devoir, et aucun d'eux

CCCLXXVI
Haud impigre neque multas occiditur


Ne périt lâchement et sans vengeance

Après le combat, crassus poursuvit les fugitifs jusqu'à ce qu'ils fussent détruits .

On leur donna la chasse comme à des bêtes fauves.

De retour à rome, il reçut l'honneur de l'ovation : on ne crut pas devoir récompenser par le grand triomphe le vainqueur dans une guerre servile.

Cependant

CCCLXXVII
Unus constitit in agro lucano, gnarus loci, nomine Publipor.


Un seul chef des révoltés se maintint dans la lucanie, grâce à la connaissance des lieux ; il se nommait
publipor.

Près de cinq mille esclaves se rallièrent autour de lui.

Déjà il avait fait quelques progrès, lorsqu'un malheureux hasard le fit tomber dans l'armée de pompée, qui revenait d'espagne.

En une seule action, la troupe de publipor fut détruite, et pompée ne craignit pas de mettre ce facile avantage au-dessus des succès bien autrement réels de Crassus.

Ainsi se termina cette guerre honteuse pour Rome, bien qu'en cette occasion elle fût parvenue à vaincre des ennemis dont la valeur personnelle est au-dessus de toute comparaison.

Dans d'autres circonstances, elle avait vaincu facilement de grandes nations pourvues de tous les moyens d'attaque et de défense : ici ce sont des ennemis qui d'esclaves se sont faits hommes, et à qui la plus indomptable fureur fournit des armes.

CCCLXXVIII.
Hi locorum pergnari, etsoliti nectere ea viminibus vasa agrestia, ibi, tum quum inopia scutorum fuerat, ad eam artem se quisque in formam parmae equestris armabat.


Parfaitement au fait des localités, et habitués à recouvrir d'osier des vases agrestes, grâce à cette industrie, chacun d'eux put s'armer d' un bouclier de forme semblable à ceux de la cavalerie.

Ils recouvrirent l'osier avec le cuir des bestiaux qu'ils avaient enlevés dans la campagne,

CCCLXXIX
De pecore coria recens detracta quasi glutino adolescebant.


Et ces cuirs, récemment écorchés, s’y appliquaient sur-le-champ, comme si on les eût collés.



Dernière édition par Paskal le Sam 23 Juin 2018 - 17:09, édité 4 fois


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"Et comme chacun sait, deux ou même un nombre innombrable de couis ne font pas naitre un seul chêne" (Paskal)

Paskal


Plutarque, principalement dans sa vie de crassus, est une autre source contemporaine de florus.

IX.Ce fut vers ce temps-là qu'eut lieu le soulèvement des gladiateurs et le pillage de l'italie, qu'on nomme aussi la guerre de spartacus et dont voici l'origine.

Un certain lentulus batiatus entretenait à capoue des gladiateurs, la plupart gaulois ou thraces.

Étroitement enfermés, quoiqu'ils ne fussent coupables d'aucune mauvaise action, mais par la seule injustice du maître qui les avait achetés, et qui les obligeait malgré eux de combattre, deux cents d'entre eux firent le complot de s'enfuir.

Leur projet ayant été découvert, soixante-dix-huit, qui furent avertis, eurent le temps de prévenir la vengeance de leur maître ; ils entrèrent dans la boutique d'un rôtisseur, se saisirent des couperets et

Ils rencontrèrent en chemin des chariots chargés d'armes de gladiateurs, qu'on portait dans une autre ville ; ils les enlevèrent, et, s'en étant armés, ils s'emparèrent d'un lieu fortifié et élurent trois chefs,dont le premier était spartacus, thrace de nation, mais de race numide(Numide ???), qui à une grande force de corps et à un courage extraordinaire joignait une prudence et une douceur bien supérieures à sa fortune, et plus dignes d'un grec que d'un barbare.

On raconte que la première fois qu'il fut mené à rome pour y être vendu on vit, pendant qu'il dormait, un serpent entortillé autour de son visage.

Sa femme, de même nation que lui, qui, possédée de l'esprit prophétique de bacchus, faisait le métier de devineresse, déclara que ce signe annonçait à spartacus un pouvoir aussi grand que redoutable et dont la fin serait heureuse.

Elle était alors avec lui et l'accompagna dans sa fuite.

X.Ils repoussèrent d'abord quelques troupes envoyées contre eux de capoue ; et leur ayant enlevé leurs armes militaires, ils s'en revêtirent avec joie et jetèrent leurs armes de gladiateurs, comme désormais indignes d'eux et ne convenant plus qu'à des barbares.

Clodius, envoyé de rome avec trois mille hommes de troupes pour les combattre, les assiégea dans leur fort, qui, situé sur une montagne, n'avait d'accès que par un sentier étroit et difficile, dont clodius gardait l'entrée ; partout ailleurs ce n'étaient que des roches à pic, couverts de ceps de vigne sauvage.

Les gens de spartacus coupèrent les sarments les plus propres au projet qu'ils avaient conçu, en firent des échelles solides et assez longues pour aller du haut de la montagne jusqu'à la plaine.

Ils descendirent en sûreté à la faveur de ces échelles, à l'exception d'un seul qui resta pour leur jeter leurs armes, et qui, après les leur avoir glissées, se sauva comme les autres.

Les Romains, qui ne s'étaient pas aperçus de leur manoeuvre, se virent tout à coup enveloppés et furent chargés si brusquement, qu'ils prirent la fuite et laissèrent leur camp au pouvoir de l'ennemi.

Ce succès attira dans leur parti un grand nombre de bouviers et de pâtres des environs, tous robustes et agiles ; ils armèrent les uns et se servirent des autres comme de coureurs et de troupes légères.

XI.Le second général qui marcha contre eux fut publius varinus ; ils défirent d'abord furius, son lieutenant, qui les avait attaqués avec deux mille hommes.

Cossinus, le conseiller et le collègue de varinus, qu'on avait envoyé ensuite contre eux avec un grand corps de troupes, fut sur le point d'être surpris et enlevé par spartacus pendant qu'il était aux bains de salines, d'où il eut beaucoup de peine à se sauver.

Spartacus, s'étant rendu maître de ses bagages et l'ayant suivi de prés, lui tua un grand nombre de soldats et s'empara de son camp ; cossinus périt dans cette déroute.

Spartacus battit varinus lui-même en plusieurs rencontres ; et, s'étant saisi de ses licteurs et de son cheval de bataille, il se rendit par ses exploits aussi grand que redoutable.

Mais, sans être ébloui de ses succès, il prit des mesures très sages, et, ne se flattant pas de triompher de la puissance romaine, il conduisit son armée vers les alpes, persuadé que ce qu'il y avait de mieux à faire était de traverser ces montagnes et de se retirer chacun dans leur pays, les uns dans les gaules, les autres dans la thrace.

Mais ses troupes, à qui leur nombre et leurs succès avaient inspiré la plus grande confiance, refusèrent de le suivre et se répandirent dans l'italie pour la ravager.

XII.Ce ne fut donc plus l'indignité et la honte de cette révolte qui irritèrent le sénat ; la crainte et le
danger d'avoir à soutenir une des guerres les plus difficiles et les plus périlleuses que rome eût encore eues sur les bras, les déterminèrent à y envoyer les deux consuls.

Gellius, l'un d'eux, étant tombé brusquement sur un corps de germains qui, par fierté et par mépris,était séparé des troupes de spartacus, le tailla en pièces.

Lentulus son collègue, qui commandait des corps d'armée nombreux, avait environné spartacus,qui, revenant sur ses pas, attaque les lieutenants du consul, les défait et s’empare de tout leur bagage.

De là il continuait sa marche cers les alpes, lorsque cassius commandant de la gauche des environs du pô, vint à sa rencontre avec dix mille hommes.

Les deux armées se battirent avec acharnement ; cassius fut défait, et eut bien de le peine à se sauver, après avoir perdu beaucoup de monde.

Le sénat, indigné contre les consuls, leur envoya l'ordre de déposer le commandement, et nomma crassus pour continuer la guerre.

Un grand nombre de jeunes gens des premières familles le suivirent, attirés par sa réputation et par l'amitié qu'ils lui portaient.

Crassus alla camper dans le picénum, pour y attendre spartacus qui dirigeait sa marche vers cette contrée ; il ordonna à son lieutenant mummius de prendre deux légions et de faire un grand circuit pour suivre seulement l'ennemi, avec défense de le combattre, ou même d'engager aucune escarmouche.

Mais mummius, à la première lueur d'espérance qu'il vit briller, présenta la bataille à spartacus, qui le battit et lui tua beaucoup de monde : le reste des troupes ne se sauva qu'en abandonnant ses armes.

Crassus, après avoir traité durement mummius, donna d'autres armes aux soldats et leur fit prendre l'engagement de les garder plus fidèlement que les premières.

Prenant ensuite les cinq cents d'entre eux, qui, se trouvant à la tête des bataillons, avaient donné l'exempte de la fuite, il les partagea en cinquante dizaines, les fit tirer au sort, et punit du dernier supplice celui de chaque dizaine sur qui le sort était tombé.

Il remit ainsi en vigueur une punition anciennement usitée chez les romains et interrompue depuis longtemps.

L'ignominie attachée à ce genre de mort, qui s'exécute en présence de toute l'armée, rend cette punition plus sévère et plus terrible pour les autres.

Crassus, après avoir châtié ses soldats, les mena contre l'ennemi.

XIII.Spartacus, qui avait traversé la lucanie et se retirait vers la mer, ayant rencontré au détroit de
messine des corsaires siciliens, forma le projet de passer en sicile et d'y jeter deux mille hommes ; ce nombre aurait suffi pour rallumer dans cette île la guerre des esclaves, qui, éteinte depuis peu de temps, n'avait besoin que de la plus légère amorce pour exciter un vaste embrasement.

Il fit donc un accord avec ces corsaires, qui, après avoir reçu de lui des présents, le trompèrent, et,ayant mis à la voile, le laissèrent sur le rivage.

Alors spartacus, s'éloignant de la mer, va camper dans la presqu'île de rhège.

Crassus y arrive bientôt après, lui, et, averti par la nature même du lieu de ce qu'il doit faire, il entreprend de fermer l'isthme d'une muraille et par là de garantir ses soldats de l'oisiveté, en même temps qu'il ôterait aux ennemis les moyens de se procurer des vivres.

C'était un ouvrage long et difficile ; cependant, contre l'attente de tout le monde, il fut achevé en peu de temps.

Crassus fit tirer d'une mer à l'autre une tranchée de trois cents stades de longueur, sur une largeur et
une profondeur de quinze pieds, le long de laquelle il éleva une muraille d'une épaisseur et d'une élévation étonnantes.

Spartacus ne témoigna d'abord que du mépris pour ce travail ; mais lorsque le butin commençant à lui manquer, il voulut sortir pour fourrager, il se vit enfermé par cette muraille ; et, ne pouvant rien tirer de la presqu'île, il profita d'une nuit que le vent et la neige rendaient très froide, pour combler avec de la terre, des branches d'arbres et d'autres matériaux, une petite partie de la tranchée, sur laquelle il fit passer le tiers de son armée.

Crassus, qui craignit que spartacus ne voulût aller droit à rome, fut rassuré par la division qui se mit entre les ennemis, dont les uns s'étant séparés du corps de l'armée, allèrent camper sur les bords du lac de la lucanie, dont l'eau, dit-on, change souvent de nature, et après avoir été douce quelque temps devient si amère qu'elle n'est plus potable.

Crassus attaqua d'abord ceux-ci et les chassa du lac ; mais il ne put en tuer un grand nombre, ni les
poursuivre.

Spartacus, qui parut tout à coup, arrêta la fuite des siens.

XIV.Crassus avait écrit au sénat qu'il fallait rappeler lucullus de thrace et pompée d'espagne, pour le seconder : mais il se repentit bientôt de cette démarche, et, sentant qu'on attribuerait tout le succès à celui qui serait venu à son secours, et non pas à lui-même, il voulut, avant leur arrivée, se hâter de terminer la guerre.

Il résolut donc d'attaquer d'abord les troupes qui s'étaient séparées des autres et qui campaient à part, sous les ordres de gannicius et de castus ; il envoya six mille hommes pour se saisir d'une hauteur qui offrait un poste avantageux, avec ordre de faire tout leur possible pour n'être pas découverts.

Dans l'espoir d'y réussir, ils couvrirent leurs casques de branches d'arbres ; mais ils furent aperçus par deux femmes qui faisaient des sacrifices pour les ennemis, à l'entrée de leur camp ; et ils auraient couru le plus grand danger, si crassus, paraissant tout à coup avec ses troupes, n'eût livré le combat le plus sanglant qu'on eût encore donné dans cette guerre ; il resta sur le champ de bataille douze mille trois cents ennemis, parmi lesquels on n'en trouva que deux qui furent blessés au dos ;tous les autres périrent en combattant avec la plus grande valeur et tombèrent à l'endroit même on ils avaient été placés.

Spartacus, après une si grande défaite, se retira vers les montagnes de pétélie, toujours suivi et harcelé par quintus et scrofa, le premier, lieutenant de crassus, et l'autre, son questeur : spartacus se tourna brusquement contre eux et les mit en fuite.

Scrofa fut dangereusement blessé, et on eut de la peine à le sauver des mains des ennemis.

Ce succès, en inspirant à ces fugitifs la plus grande fierté, causa la perte de spartacus ; ses troupes,ne voulant plus éviter le combat ni obéir à leurs chefs, les entourent en armes au milieu du chemin,les forcent de revenir sur leurs pas à travers la Lucanie et de les mener contre les romains.

C'était entrer dans les vues de crassus, qui venait d'apprendre que pompée approchait ; que déjà dans les comices bien des gens sollicitaient pour lui, et disaient hautement que cette victoire lui était due ; qu'à peine arrivé en présence des ennemis, il les combattrait, et terminerait aussitôt la guerre.

XV.Crassus donc, pressé de la finir avant son arrivée, campait toujours le plus près qu'il pouvait de
l'ennemi.

Un jour qu'il faisait tirer une tranchée, les troupes de spartacus étant venues charger les travailleurs,le combat s'engagea ; et comme des deux côtés il survenait à tous moments de nouveaux renforts,
spartacus se vit dans la nécessité de mettre toute son armée en bataille.

Lorsqu'on lui eut amené son cheval, il tira son épée et le tua : "La victoire, dit-il, me fera trouver assez de bons chevaux parmi ceux des ennemis, et si je suis vaincu, je n'en aurai plus besoin."

A ces mots, il se précipite au milieu des ennemis, cherchant à joindre Crassus, à travers une grêle de traits et couvert de blessures ; mais n'ayant pu l'atteindre, il tue de sa main deux centurions qui s'étaient attachés à lui.

Enfin, abandonné de tous les siens, resté seul au milieu des ennemis, il tombe mort, après avoir
vendu chèrement sa vie.

Crassus venait de profiter habilement de l'occasion que la fortune lui avait offerte : il avait rempli tous les devoirs d'un excellent capitaine et avait exposé sa vie sans ménagement : avec tout cela, il ne put empêcher que pompée ne partageât la gloire de ce succès.

Les fuyards étant tombés entre ses mains, il acheva de les détruire, et il écrivit au sénat que crassus avait défait ces fugitifs en bataille rangée, mais que c'était lui qui avait coupé les racines de cette guerre.

Pompée donc eut tous les honneurs du triomphe, pour avoir vaincu sertorius et subjugué l'espagne ;crassus ne songea pas à demander le grand triomphe ; on crut même avoir blessé rome en lui accordant l'ovation pour la défaite d'esclaves fugitifs.

Nous avons dit dans la vie de marcellus en quoi ce petit triomphe diffère du grand et dout lui vient son nom d'ovation.


Les passages de l'histoire de rome de tite-live relatifs à la période sont perdus. Il n'en reste qu'un résumé que voici.

XCV

74 gladiateurs s'enfuirent à capoue de l'école de lentulus.

Une foule d'esclaves et de prisonniers se joignirent à eux.

Leurs chefs étaient crixus et spartacus.

Ce fut la guerre.

Ils vainquirent le légat claudius pulcher et le préteur p. varenus.
XCVI

Le préteur q. arrius tua crixus, le chef des esclaves fugitifs, en même temps que 20.000 hommes.

Le consul lentulus eut un combat malheureux contre spartacus.

Le consul l. gellius et le préteur q. arrius furent vaincus au combat.
XCVII

Le préteur m. crassus remporta d’abord la victoire sur une partie des esclaves fugitifs qui était composée de gaulois et de germains : 35.000 ennemis furent massacrés ainsi que leurs chefs castus et gannicus.

Il combattit alors spartacus : 60.000 hommes périrent avec lui.

Il n'y a pas moyen d'être plus concis !


Plus tardif, florus (IIe siècle), s'inspirant de salluste et tite-live, donne à son tour une version des événements dans son abrégé d'histoire romaine, avec un point de vue très défavorable à spartacus.

XXI. -- GUERRE CONTRE SPARTACUS


On supporterait peut-être encore la honte d'une guerre contre des esclaves.

S'ils sont, par leur condition, exposés à toutes les servitudes, ils n'en sont pas moins comme une seconde espèce d'hommes, et nous les associons aux avantages de notre liberté.

Mais quel nom donner à la guerre provoquée par spartacus ?

Je ne sais ; car des esclaves y servirent, des gladiateurs y commandèrent.

Les premiers étaient de la plus basse condition, les seconds de la pire des conditions, et de tels adversaires accrurent les malheurs de rome par la honte dont ils les couvrirent.

Spartacus, crixus, oeomaus, après avoir brisé les portes de l'école de lentulus, s'enfuirent de capoue avec trente hommes au plus de leur espèce.

Ils appelèrent les esclaves sous leurs drapeaux et réunirent tout de suite plus de dix mille hommes.

Non contents de s'être évadés, ils aspiraient maintenant à la vengeance.

Telles des bêtes sauvages, ils s'installèrent d'abord sur le vésuve.

Assiégés là par clodius glaber, ils se glissèrent le long des gorges caverneuses de la montagne à l'aide de liens de sarments et descendirent jusqu'au pied ; puis s'élançant par une issue invisible, ils s'emparèrent tout à coup du camp de notre général qui ne s'attendait pas à une pareille attaque.

Ce fut ensuite le tour du camp de varénus, puis de celui de thoranius.

Ils parcoururent toute la campanie, et non contents de piller les fermes et les villages, ils commirent d'effroyables massacres à nole et à nucérie, à thurium et à métaponte.

Leurs troupes grossissaient chaque jour, et ils formaient déjà une véritable armée.

Avec de l'osier et des peaux de bêtes, ils se fabriquèrent de grossiers boucliers ; et le fer de leurs chaînes, refondu, leur servit à forger des épées et des traits.

Pour qu'il ne leur manquât rien de ce qui convenait à une armée régulière, ils se saisirent aussi des troupeaux de chevaux qu'ils rencontrèrent, se constituèrent une cavalerie, et ils offrirent à leur chef les insignes et les faisceaux pris à nos préteurs.

Spartacus ne les refusa point, spartacus, un ancien thrace tributaire devenu soldat, de soldat déserteur, ensuite brigand, puis, en considération de sa force, gladiateur.

Il célébra les funérailles de ses officiers morts en combattant avec la pompe réservée aux généraux, et il força des prisonniers à combattre, les armes à la main, autour de leur bûcher.

Cet ancien gladiateur espérait effacer ainsi l'infamie de tout son passé en donnant à son tour des jeux de gladiateurs.

Puis il osa attaquer des armées consulaires ; il écrasa celle de Lentulus dans l'Apennin, et près de Modène il détruisit le camp de caïus crassus.

Enorgueilli par ces victoires, il songea à marcher sur Rome, et cette seule pensée suffit à nous couvrir de honte.

Enfin, toutes les forces de l'empire se dressèrent contre un vil gladiateur, et licinius crassus vengea l'honneur romain.

Repoussés et mis en fuite, les ennemis, - je rougis de leur donner ce nom - se réfugièrent à l'extrémité de l'Italie.

Enfermés dans les environs de la pointe du bruttium, ils se disposaient à fuir en sicile.

N'ayant pas de navires, ils construisirent des radeaux avec des poutres et attachèrent ensemble des tonneaux avec de l'osier ; mais l'extrême violence du courant fit échouer leur tentative.

Enfin, ils se jetèrent sur les romains et moururent en braves.

Comme il convenait aux soldats d'un gladiateur, ils ne demandèrent pas de quartier.

Spartacus lui-même combattit vaillamment et mourut au premier rang, comme un vrai général.

[...] La guerre des esclaves .

La fuite de capoue.

En 73 avant jésus-christ, un groupe d'une trentaine de gladiateurs s'échappa de l'école de capoue appartenant à lentulus batiatus (qui était sans doute le sénateur cnaeus cornelius lentulus batuatus propriétaire de cette école).

A la tête de cette rébellion trois personnages sont restés dans les mémoires, tout d'abord le plus célèbre d'entre eux spartacus ( qui selon certaines sources (florus et plutarque) était soit un auxiliaire des légions romaines ou soit un captif des légions et vendu comme esclave). [...]

[...] Mais dans ce cas de figure, il est impossible pour florus de les considérer autrement.

Mépris des Romains contre les esclaves.

Florus qualifie les esclaves comme une race d'homme de second rang.

Par cette citation, on remarque bien de quelle manière les romains considéraient les esclaves.

Même si certains avaient la chance de pouvoir être affranchis, il n'en reste pas moins que d'autres esclaves étaient traités de la même manière que des boeufs ou d'autres outils de production. [...]

[...] Les deux hommes se présentèrent au consulat en 70 avant jésus-christ, alors que pompée était inéligible en raison de son âge et qu'il n'avait jamais servi comme préteur ou questeur.

Cependant, les deux hommes furent élus consuls en 70 avant jésus-christ. [...]

[...] Ce fut la première victoire des esclaves sur l'armée romaine.

Puis ce fut au tour du camp de publius varinus, préteur (ligne 12) de se faire battre par l'armée des esclaves.

On peut noter que les conditions étaient plutôt favorables à cette révolte puisque les meilleures troupes de rome étaient les unes en orient, à combattre contre mithridate sous le commandement de licinius lucullus, les autres dans la péninsule ibérique, contre sertorius, sous les ordres de pompée.

De fait, l'italie était démilitarisée. III. La révolte écrasée A. [...]

[...] Les forces de spartacus se retirèrent alors vers rhegium (ligne 30) où attendaient les légions romaines.

Ce fut le dernier affrontement qui a abouti aux massacres des révoltés.

Florus aux dernières lignes commente la mort des esclaves en mort digne et notamment il insiste sur la mort de spartacus d'une grande bravoure en vrai général ou comme on peut le trouver dans la version originale en imperator ce qualificatif pouvait lui être décerné.

Sa mort avec celle des milliers d'esclaves révoltés qu'il avait conduits pendant près de trois ans, remettait le monde à l'endroit et reconnaître ses mérites, équivalait à effacer la honte des défaites infliger aux armées romaines. [...]

Puis Appien, avec un point de vue encore moins favorable que celui de florus, donne une version des événements dans ses guerres civiles.

CHAPITRE XIV.


Spartacus le gladiateur s'échappe de capoue avec quelques complices.

Il ramasse des forces, et arbore l'étendard de la guerre.

Victoires qu'il remporte sur les généraux romains, et même sur les consuls.

Il est battu et taillé en pièces par crassus.

Il est tué sur le champ de bataille.

Les restes de son armée sont, partie égorgés, partie pendus aux arbres le long de la route de capoue à rome.

Dissension de crassus et de pompée. (En fait ils furent cruxifiés)

A la sollicitation du peuple, ils se réconcilient, et congédient chacun son armée.

CXVI. A cette même époque, parmi les gladiateurs destinés aux spectacles de ce nom, que les romains faisaient nourrir à capoue, était un thrace, nommé spartacus, qui avait antérieurement servi dans quelque légion, et qui, fait prisonnier de guerre et vendu, se trouvait depuis dans le nombre des gladiateurs.

Il persuada à soixante-dix (1) de ses camarades de braver la mort pour recouvrer la liberté, plutôt que de se voir réduits à servir de spectacle dans les arènes des romains ; et forçant ensemble la garde chargée de veiller sur eux, ils s'échappèrent.

Spartacus s'arma, lui et sa bande, avec les armes de tout genre dont ils dépouillèrent quelques voyageurs, et ils se retirèrent sur le mont vésuve (2).

Là, plusieurs esclaves fugitifs et quelques hommes libres des campagnes vinrent se joindre à lui.

Il répandit ses brigandages dans les environs, ayant pour chefs en sous-ordre oenomaüs et crixus (3), deux gladiateurs.

La justice rigoureuse qu'il mit dans la distribution et dans le partage du butin lui attira rapidement beaucoup de monde (4).

Rome fit marcher d'abord contre lui varinius glaber (5),et ensuite publius valérius, non pas avec une armée romaine, mais avec un corps de troupes ramassées à la hâte, et comme en courant; car les romains ne pensaient pas que ce dût être une guerre dans toutes les formes.

Ils croyaient qu'il suffisait contre ces brigands d'entrer en campagne.

Varinius glaber et publius valérius (6) furent successivement vaincus.

Spartacus tua de sa propre main le cheval de glaber; peu s'en fallut que le général des romains ne fût lui-même fait prisonnier par ce gladiateur.

Après ces succès, le nombre des adhérents de spartacus s'accrut (7) encore davantage, et déjà il était à la tête d'une armée de soixante et dix mille hommes.

Alors il se mit à fabriquer des armes, et à faire des dispositions militaires dans toutes les règles.

CXVII. Rome, de son côté, fit marcher les consuls (VIII) avec deux légions (chacuns?).

L'un d'eux (9) livra bataille à crixus qui commandait trente mille hommes dans le voisinage du mont garganus (10).

Ce chef des gladiateurs périt dans cette action avec les deux tiers de son armée.

Cependant spartacus filait le long des Apennins, vers les alpes et la gaule, lorsqu'un des consuls arriva pour lui barrer le chemin, tandis que l'autre le pressait sur ses derrières.

Spartacus les attaqua tour à tour, les vainquit l'un après l'autre, et ils furent obligés tous les deux de faire leur retraite en désordre.

Spartacus immola aux manes de crixus (11) trois cents prisonniers romains (12); et son armée s'étant élevée à cent vingt mille hommes d'infanterie, il prit en diligence le chemin de rome, après avoir mis le feu à tout le bagage qui ne lui était point nécessaire, après avoir fait passer au fil de l'épée tous ses prisonniers, et assommer toutes ses bêles de charge, afin d'aller plus rapidement.

Beaucoup d'autres se déclarèrent en sa faveur, et vinrent grossir son armée; mais il ne voulut plus admettre personne.

Les consuls retournèrent à la charge contre lui dans le pays des picènes.

Une grande bataille y fut donnée; mais les consuls furent vaincus encore une fois.

Malgré ce succès, spartacus renonça à son premier projet de marcher contre rome, parce qu'il sentit qu'il n'était pas encore assez habile dans le métier de la guerre, et que toutes ses troupes n'étaient point convenablement armées, car nulle cité ne le secondait, toutes ses forces consistaient en esclaves fugitifs ou aventuriers.

Il s'empara des montagnes qui avoisinent thurium (13); il prit la ville elle-même.

Il défendit aux marchands d'y rien apporter à vendre en matière d'or ou d'argent, et aux siens de rien acheter en ce genre.

Ils n'achetaient en effet que du fer ou de l'airain, qu'ils payaient cher, et ils faisaient bon accueil à ceux qui leur en apportaient.

De sorte qu'ils se munirent de tout ce qui leur était nécessaire  et bien armés, ils faisaient de côté et d'autre des incursions chez les peuples du voisinage.

Ils en vinrent encore une fois aux mains avec les légions romaines, qu'ils vainquirent, et aux dépens desquelles ils firent un riche hutin.

CXVIII. Il y avait déjà trois ans que durait cette guerre, dont on s'était moqué d'abord, dont on n'avait parlé qu'avec mépris, comme d'une guerre de gladiateurs.

Lorsqu'il fut question d'en donner le commandement à d'autres chefs, tout le monde se tint à l'écart; nul ne se mit sur les rangs, jusqu'à ce que licinius crassus, citoyen également distingué par sa naissance et par sa fortune, s'offrit (14) pour cette expédition.

Il marcha contre spartacus, à la tête de six nouvelles légions.

A son arrivée au camp de ses prédécesseurs, les deux légions qui avaient combattu, la campagne précédente, sous les deux consuls, passèrent sous ses ordres.

Pour les punir de s'être si souvent laissé vaincre, il les fit décimer (15).

D'autres disent, qu'ayant donné une première bataille avec toutes ses forces et ayant été battu, il fit décimer son armée entière, et fit égorger quatre mille de ses soldats, sans aucun égard au nombre.

Quoi qu'il en soit, cet acte de vigueur rendit sa sévérité plus redoutable que le fer de l'ennemi.

En conséquence, ayant incontinent attaqué (16) une division de dix mille hommes de l'armée de spartacus, il en tua les deux tiers, et se dirigea, plein de confiance, sur spartacus lui-même.

Il le vainquit avec éclat, et le poursuivit, avec beaucoup d'activité, du côté de la mer, vers lequel il prit la fuite (17), dans la vue de s'embarquer pour la sicile.

Il l'atteignit,et le cerna de retranchements, de lignes de circonvallation et de palissades.

CXIX. Pendant que spartacus s'efforçait de se faire jour, pour gagner le pays des samnites (18), crassus lui tua six mille hommes environ dans la matinée, et le même nombre sur le soir, sans avoir plus de trois romains tués et sept blessés ; tant l'exemple de ceux qui avoient été décimés inspira la fureur de vaincre !

Cependant spartacus, qui attendait de la cavalerie de quelque part, s'abstenait d'en venir à une action générale.

Mais il harcelait, par diverses escarmouches, l'armée qui le cernait.

Il lui tombait continuellement dessus à l'improviste, jetant dans les fossés des torches enflammées qui brûlaient les palissades : ce qui donnait beaucoup d'embarras aux romains.

Il fit pendre (cruxifier)un prisonnier romain dans l'espace de terrain qui le séparent des troupes de crassus, afin d'apprendre aux siens à quel genre de représailles ils dévaiient s'attendre, s'ils se laissaient battre.

Sur ces entrefaites on apprit à rome que spartacus était cerné.

Mais comme on n'aimait pas l'incertitude où l'on était, si cette guerre de gladiateurs se prolongerait encore, on adjoignit à cette expédition pompée, qui venait d'arriver d'ibérie, persuadé qu'on était enfin que spartacus n'était pas si facile à réduire (19).

CXX. Tandis que l'on conférait à pompée ce commandement, crassus, qui ne voulait pas laisser à pompée cette palme à cueillir, resserra spartacus de plus en plus, et se disposait à l'attaquer, lorsque spartacus, craignant, de son côté, de voir arriver pompée, proposa à crassus de négocier.

Mais crassus ayant méprisé cette proposition, et spartacus voyant qu'il ne lui restait plus qu'à en découdre, aidé du renfort de cavalerie qu'il attendait, força, avec toute son armée, les retranchements de crassus, et se sauva du côté de brindes, où crassus le poursuivit.

Mais lorsque spartacus fut instruit que lucullus, qui retournait de la guerre contre mithridate, qu'il avait vaincu, était dans brindes même ; dénué de toute espérance, il en vint aux mains avec crassus, fort de la nombreuse armée qu'il avait encore.

Le combat fut long et acharné; car les gens de spartacus se battaient en désespérés (20).

Mais spartacus fut enfin blessé à la cuisse d'un coup de flèche(plutôt un pilum).

Il tomba sur son genou, et se couvrant de son bouclier, il lutta contre ceux qui le chargèrent, jusqu'à ce qu'ils succombèrent lui, et le grand nombre de ceux qui firent cercle autour de sa personne (21).

Le reste de son armée, en désordre, fut mis en pièces.

Le nombre des morts, du côté des gladiateurs, fut incalculable.

Il y périt environ mille Romains.

Il fut impossible de retrouver le corps de spartacus.

Les nombreux fuyards qui se sauvèrent de la bataille allèrent chercher un asile dans les montagnes:crassus les y poursuivit.

Ils se distribuèrent en quatre bandes (22), combattant tour à tour, jusqu'à ce qu'ils furent totalement exterminés; à l'exception de six mille, qui, faits prisonniers, furent pendus (???non ils furent cruxifiés) tout le long de la route de capoue à Rome (23).

CXXI. En terminant ainsi cette guerre dans l'espace de six mois, crassus se trouva élevé tout d'un coup au même niveau de gloire que pompée (24).

Il ne licencia point son armée, parce que pompée ne licencia pas la sienne.

Ils se mirent sur les rangs l'un et l'autre pour le consulat.

Crassus avait passé par la préture, ainsi que l'exigeait la loi de sylla, tandis que pompée n'avait été ni préteur, ni questeur (25).

Il n'était âgé que de trente-quatre ans.

Il promit aux tribuns qu'il leur rendrait beaucoup de leur ancienne autorité.

Élus consuls l'un et l'autre (26), ils ne congédièrent point pour cela leur armée qu'ils avaient aux portes de rome.

Chacun avait son prétexte.

Pompée disait qu'il attendait le retour de métellus, pour la cérémonie du triomphe de la guerre d'ibérie.

Crassus prétendait que pompée devait licencier le premier.

Le peuple vit dans cette conduite des deux consuls un commencement de sédition.

Il craignit la présence de deux armées auprès de la ville.

II supplia les consuls, pendant qu'ils présidaient dans le forum, de se rapprocher et de s'entendre.

Chacun, de son côté, refusa d'abord.

Mais les augures ayant pronostiqué de grandes calamités (27) si les consuls ne, se réconciliaient pas, le peuple réitéra ses supplications avec attendrissement, en leur rappelant le souvenir des maux causés par les divisions de marius et de sylla.

Crassus, touché le premier, descendit de son siège consulaire, s'approcha de pompée, et lui tendit la main en signe de bonne intelligence.

Pompée se leva alors, et vint au devant de crassus.

Ils se touchèrent dans la main.

On les combla tous deux d'éloges, et la séance des comices ne fut levée qu'après que chacun eut donné, de son côté, l'ordre de licencier son armée.

C'est ainsi que fut conjuré un nouvel orage qui paraissait près d'éclater.

Cette partie des guerres civiles, à compter de la mort de tibérius gracchus, embrasse une période de soixante (28) années (29).

NOTES.


(1) Plutarque en porte le nombre à soixante-dix-huit.

Vie de crassus, Chap. 4.

L'épitomé de tite-live le porte à soixante-quatorze ; Quatuor et septuaginta gladiatores Capuae ex ludo Lentuli profugerunt.

Florus donne le même nom au lieu d'où s'échappèrent les gladiateurs, effracto Lentuli ludo, lib. III, cap. 20 ; ce qui annonce que le lieu où l'on entretenait et où l'on exerçait ces gladiateurs à capoue était un établissement fondé par un certain lentulus.

Plutarque le nomme lentulus batiatus. paterculus tient à peu près le même langage.

Mais il réduit à trente le nombre des gladiateurs fugitifs : Cum triginta haud amplius ejusdem fortunae viris Capua evaserunt.

Sous le règne de l'empereur probus, un pareil événement eut lieu.

Mais les fugitifs ne firent pas, à cette époque, les mêmes progrès. Voy. zozime, à la fin de son premier livre.

Dum Sertorianum bellum in Hispania geritur, LXXIV fugitivi e ludo gladiatorio Capua profugientes, duce Spartaco. Lib. II, cap. 30.

(2) Prima velut arena viris mons Vesuvius placuit. Ibid.

(3) Florus. Ibid.

(4) II est donc bien puissant cet empire de la justice sur le cœur de l'homme, il a donc un grand ascendant ce pouvoir de l'équité, puisqu'il inspire de la confiance pour les brigands mêmes !

(5) Florus le nomme clodius glaber, ibid.

L'épitomé de tite-live, liv. XCV, le nomme claudius pulcher; et plutarque, clodius tout court Vie de crassus, chap. 14.

(6) Schweighaeuser remarque que ce nom ne se trouve dans aucun autre des historiens qui ont parlé de la guerre de spartacus.

L'épitomé. de tite-live nomme un p. varenus préteur, liv. XCV; et Plutarque un publius varinus.

(7) Florus dit qu'ils remplirent d'abord la campanie de leurs brigandages, et qu'ensuite ils saccagèrent nole, nucérie, le pays des thuriens et metapont. Ibid.

(VIII) C'étaient les consuls gellius et lentulus.

Témoin l'épitomé de tite-live, liv. XCVI, qui joint à ces deux consuls le préteur q. arrius.

(9) Selon l'épitomé de tite-live, liv. XCVI, ce fut le préteur q. arrius qui obtint cet avantage important contre ce lieutenant de spartacus.

Q. Arrius, praetor, Crixum fugitivorum ducem, cum XX millibus hominum occidit.

(10) Ce mont était dans la pouille.

(11) Qui defunctorum quoque proelio ducum funera imperatoriis celebravit exequiis, captivosque circa rogum jussit armis depugnare. Florus, ibid.

(12) Voici une savante note de tollius sur ce passage. « Mos notus ex Tertulliano, de spectaculis. Et Servius, ad istum Virgilii versum,« Viventes rapit inferias, quos immolet umbris ;« Sic Sylla C. Marium occidit pertractum per ora vulgi ad sepulcrum Lutatiœ gentis, ait Valerius. Idem factitatum a Carthaginiensibus, apud Polybium, lib. I. Suetonius Augusto, cap. 15 : Scribunt quidam trecentos ex deditiis electos, utriusque ordinis, ad aram divo Julio extructam idibus martiis, hostiarum more, mactatos. Quod ait Suetonius, hostiarum more, non temere adjectum. Seneca, de Clementia, Ergo non dabit pœnas qui tot civilibus bellis frustra petitum caput non occidere constituit, sed immolare? Valerius Maximus, Damasippi jussu principum civitatis capita hostiarum capitibus permista sunt. Alibi, de Q. Pompeio Cos. Ambitiosi ducis illecebris corrupti milites sacrificare incipientem adorti, in modum victimae mactaverunt. Lib. VII. Nec in acie tantum ibi cladis acceptum, quam quod CCCVII milites Romanos captos Tarquinienses immolarunt; qud fœditate supplicii aliquanta ignominia populi Romani insignior fuit. Ita apud Philonem contra Flaccum, ἱερείου τρόπον κρεουργηθῆναι. Cur tantae ignominiae hoc mortis genus haberetur, modus efficiebat, quem paucis verbis aperit Florus, lib. II, cap 5. Legatos quippe nostros, ob ea quœ deliquerant, jure agentes, nec gladio quidem, sed ut victimas securi percussit. Olim securi tantum sontes puniebantur, postea etiam gladio. Hoc supplicium illa lenius et honestius visum. Et fœditas hujus supplicii in causa fuit quare in militem qui Papinianum mori jussum, non gladio, sed securi percusserat, animadverti jusserit Caracallus apud Spartianum et Xiphilinum. Victimis autem comparantur securi percussi, quia illae a secespita, et hi securi humi strati feriebantur. Appianus, ὁ δὲ Σκιπίων τοὺς εἰς τὸ μέσον παραχθέντας αἰκισάμενος, καὶ μᾶλλον αὐτῶν τοὺς ἐκβοήσαντας ἐκέλευσε τοὺς αὐχένας ἁπάντων εἰς τοὔδαφος παττάλοις προσδεθέντας ἀποτμηθῆναι ( Hispan. sect. XXXVI, p. 144, et sqq. ) V. Brissonium, Formularum, lib. i, et Lipsium ad Taciti Annal. lib. XV, cap. 67.

(13) II paraît que c'est le nom de la ville qui avait pris, sur les bords du golfe de tarente, la place de l'ancienne sybaris. Voy. cellarius, lib. I, cap. 9, sect. 4 ,n. 524.

(14) Pudoremque romanum Licinius Crassus asseruit. Florus. Ibid.

(15)
Plutarque fait, de cet acte de rigueur militaire de la part de crassus, un tout autre récit qu'appien. Voyez vie de crassus, chap. 18.

(16) II paraît, d'après l'épitomé de tite-live, que cette division de l'armée de spartacus n'était pas le corps d'auxiliaires que ganicus lui amenait de la germanie et de la gaule, et qui fut mis en pièces par crassus.

M. Crassus praetor, primum cum  parte fugitivorum quœ ex Gallis Germanisque constabat feliciter pugnavit, cœsis hostium triginta, quinque millibus, et duce eorum Granico. Lib. XCVII.

(17) Florus dit qu'il gagna le pays des bruttiens, qu'il appelle uttium angnlum,, et que tite-live, à la fin de son vingt-septième livre, nomme l'angle le plus reculé de l'italie, extremum Italiœ angulum Bruttios.

Cet historien ajoute que spartacus avait le projet de s'embarquer pour la sicile, mais que, faute de vaisseaux, il n'eut de ressources que dans la fortune des armes.

Plutarque est ici d'accord avec florus : il dit que spartacus se battant en retraite devant crassus, traversa le pays des lucaniens, et arriva auprès du détroit de messine, chap. 19. amyot, trompé par une leçon défectueuse, a fait dire à plutarque que spartacus, arrivé en face de messine, avait jeté deux mille hommes en sicile, et y avait rallumé la guerre des esclaves, terminée par le consul manius aquilius, l'an de rome 653 ; mais les annotateurs de la dernière édition de plutarque ont relevé cette inadvertance dans leur seconde observation sur la vie de crassus.

(18) C'est aujourd'hui l'abruzze.

(19) II résulte du récit de plutarque que crassus craignant pendant quelque temps de ne pouvoir terminer, à lui seul, la guerre contre spartacus, avait lui-même écrit au sénat pour demander que lucullus fût rappelé de la thrace et pompée de l'ibérie ; mais qu'après ses premiers succès contre les gladiateurs, il s'était repenti d'avoir fait cette démarche. Ibid, chap. 20.

(20)Tandem, eruptione facta, dignam viris obiere mortem, et quod sub gladiatorio duce oportuit, sine missione pugnatum est. Flor. Ibid. Plutarque place ici un beau trait de bravoure de spartacus. Au moment de charger l'ennemi, on lui présenta son cheval de bataille. Il le tua sous les yeux de son armée, en disant : « Si je suis battu, je n'en ai que faire; si je suis vainqueur, je trouverai un assez bel et bon cheval parmi le butin que nous ferons sur l'ennemi. »

(21) Plutarque dit qu'abandonné de tous les siens, il tint ferme seul, et combattit vaillamment jusqu'à ce qu'il fût mis en pièces. Ibid, chap. 22.

(22) En quatre bandes, et non pas en quarante bataillons, comme desmares a traduit.

(23) S'il faut ajouter foi au rapport de plutarque, pompée arriva assez tôt en italie pour tomber sur les débris de l'armée de spartacus taillée en pièces par crassus, et pour s'attribuer en conséquence l'honneur d'avoir coupé les dernières racines de cette guerre. Ibid.

(24) Crassus demanda, à cette occasion, non pas les honneurs du triomphe, mais ceux de l'ovation, espèce de triomphe du second ordre, dont plutarque donne les détails dans la vie de marcellus ; et quoique cette demande de crassus ne parût pas de nature à lui faire un grand honneur, on ne peut s'empêcher de convenir qu'il y avait quelque mérite à avoir terminé une guerre contre laquelle, selon la remarque de florus (Lib. III, cap. 20 ), il avait fallu déployer toutes les forces de l'empire romain(???la république romaine).

(25) Le texte de l'édition de tollius porte μιεύσας, faute énorme de typographie ou de copiste, au lieu de ταμιεύσας.

(26) Pompée, qui, comme on le voit, n'avait jusqu'alors rempli que des fonctions militaires, se trouvait tout neuf dans celles du consulat.

Dans la vue de suppléer à son défaut d'expérience à cet égard, il pria marcus varron, son ami, de lui composer un petit ouvrage où il pût apprendre, en peu de temps, ce qu'il aurait à faire, ce qu'il aurait a dire, lorsqu'il aurait convoqué le sénat.

Varron exécuta, sous le titre de εἰσαγωγικὸν, une espèce de manuel dont on doit beaucoup regretter la perte, d'après l'échantillon qu'aulu-gelle nous donne de cet opuscule dans le chap. 7, liv. XIV de ses nuits attiques.

(27) Ce fait est autrement raconté par plutarque.

Suivant cet auteur, ce fut un chevalier romain, nommé aurélius, qui vint annoncer au peuple, du haut de la tribune aux harangues, que jupiter lui était apparu en songe, et lui avait commandé de dire au peuple assemblé de ne pas laisser crassus et pompée sortir de leur consulat avant que de se réconcilier.

Plutarque place, comme on voit, cet événement à la fin du consulat de crassus et de pompée.

Cela s'accorde avec le récit d'appien, qui dit que leur réconciliation eut lieu pendant qu'ils présidaient les comices ; ce qui doit s'entendre des comices consulaires, où l'on procédait à l'élection de leurs successeurs.

Plutarque, vie de crassus, chap. 23 ; vie de pompée, chap. 33.

(28) J'ai relevé, dans le cours de ce livre, un assez grand nombre des contre-sens, des bévues, des inadvertances échappées au dernier traducteur français d'appien.

J'en ai laissé un plus grand nombre de côté, pour ne pas excéder le lecteur par ce genre de notes. Je prendrai la même peine sur le cinquième livre.

Quant aux trois du milieu, je me dispense de ce travail : le lecteur n'en a pas besoin pour avoir une juste idée du degré d'imperfection de l'appien de desmares.

(29) Suivant la chronique de rollin, dans son histoire romaine, cette période embrasse soixante-trois ans ; car ce fut l'an 619 de rome que tiberius gracchus périt au milieu de la sédition dont il fut le sujet, et c'est à l'an 682 de la même ère que se rapporte le consulat de pompée et de crassus.



Dernière édition par Paskal le Sam 23 Juin 2018 - 18:06, édité 3 fois


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"Et comme chacun sait, deux ou même un nombre innombrable de couis ne font pas naitre un seul chêne" (Paskal)

Paskal


On trouve encore des informations chez Velleius Paterculus (Histoire romaine, II, 30).

XXX. - C'est alors que l'ancien préteur marcus perpenna, l'un des proscrits, homme plus noble par sa race que par son caractère, assassina sertorius à osca au milieu d'un festin.

Ce crime abominable qui assura la victoire aux romains, ruina son parti et lui valut à lui-même la plus honteuse des morts. métellus et pompée reçurent le triomphe pour la guerre d'espagne.

Mais pompée n'était, quand il triompha, qu'un simple chevalier, car il n'avait pas encore exercé le consulat quand il entra dans rome sur son char triomphal.

Chose étonnante, cet homme que tant de pouvoirs extraordinaires avaient porté au faîte des honneurs ne put voir sans irritation le sénat et le peuple romain autoriser caius césar à briguer malgré son absence un second consulat.

Tant il est naturel aux hommes de tout se pardonner à eux-mêmes, de ne rien pardonner aux autres et de concevoir de la jalousie en tenant compte non des faits, mais des sentiments et des personnes.

Pendant ce consulat pompée restaura la puissance tribunitienne dont sylla n'avait laissé que l'ombre sans réalité.

Pendant qu’on guerroyait en espagne contre sertorius soixante-quatre esclaves évadés d'une école de gladiateurs s'enfuirent de capoue sous la conduite de spartacus, volèrent des épées dans cette ville et gagnèrent d'abord le vésuve.

Bientôt leur multitude grandit de jour en jour et ils accablèrent l'italie de toutes sortes de maux.
Leur nombre s'accrut au point que dans le dernier combat qu'ils livrèrent, ils opposèrent à l'armée romaine quarante mille huit cents hommes.

Marcus crassus qui fut bientôt le premier dans l'état eut la gloire d'en finir avec eux.

Puis celles de frontin au Ier siècle (les stratagèmes, I, 20-22, II, 34).


VII. Dans la guerre des fugitifs, licinius crassus, au moment de ranger son armée en bataille, près de calamarque, contre castus et gannicus, généraux des gaulois, fit passer de l’autre côté d’une montagne ses lieutenants c. pomptinius et q. marcius rufus, avec douze cohortes.

Quand le combat fut engagé, ces troupes descendirent derrière l’armée ennemie, en poussant de grands cris, et y jetèrent un tel désordre, qu’elle prit la fuite sur tous les points, sans pouvoir se reformer.

XX. Spartacus avait été enfermé, par m. crassus, d'un grand retranchement; la nuit, il le fit remplir de cadavres de captifs et d'animaux, et put ainsi le franchir.

XXI. Le même, assiégé sur le vésuve, non seulement se sauva par l'endroit le plus escarpé et pour cela le moins gardé de la montagne, au moyen de chaînes de bois pliant, le long desquelles il se coula; mais, attaquant clodius sur un autre point, il effraya tellement son corps d'armée, qu'on vit quelques cohortes s'enfuir devant soixante-quatre gladiateurs.

XXII. Le même, enveloppé par le proconsul p. varinius, fit attacher tout droits, à des pieux dressés devant la porte de son camp, des cadavres vêtus et armés, afin que l'ennemi les prît de loin pour des gardes; puis il fit allumer des feux partout.

L'ennemi s'étant laissé prendre à cette apparence, il se retira, la nuit, en silence.

Sans oublier eutrope au IVe siècle.


[VI] L’an de rome six cent soixante-dix-huit, m. licinius lucullus, cousin de celui qui combattait mithridate, obtint le gouvernement de la macédoine.

Mais tout à coup une guerre nouvelle éclata en italie.

En effet, soixante-quatorze gladiateurs, sous la conduite de spartacus, de crixus et d’énomaüs, après avoir brisé les portes de la salle d’armes à capoue, s’enfuirent et se répandirent dans l’italie, où ils excitèrent une guerre presque aussi sérieuse que celle d’hannibal.

Car, après avoir défait plusieurs généraux et les deux consuls romains à la fois, ils réunirent une armée d’environ soixante mille hommes; mais ils furent vaincus dans l’apulie par le proconsul m. licinius crassus; et cette guerre, après avoir pendant trois ans causé bien des malheurs à l’italie, fut enfin terminée,.

On trouve aussi le souvenir de spartacus chez tacite.


Dans le même temps, des gladiateurs stationnés dans la ville de préneste, tentèrent une évasion, mais furent arrêtés par le poste militaire chargé de les surveiller ; déjà on évoquait spartacus et les malheurs anciens dans les conversations du peuple, tant il désire et redoute à la fois les révolutions.

Tacite, Annales, XV, 46

Un chef numide, tacfarinas, en guerre contre rome, réclame, par une ambassade, un établissement pour lui-même et son armée ou menace d'une guerre interminable.

Jamais, dit-on, aucun affront envers lui ou le peuple romain n'avait autant indigné césar (l'empereur tibère) que de voir un déserteur et un brigand se comporter en ennemi, spartacus lui-même, qui, après avoir infligé tant de défaites à des armées consulaires, incendiait l'italie impunément, ne put obtenir, malgré l'ébranlement causé à l'état par les grandes guerres de sertorius et de mithridate, qu'un traité garantît sa soumission, et le peuple romain, au faîte de la gloire, accepterait le rachat d'un voleur comme tacfarinas au prix de la paix et d'une concession de terres

Tacite, Annales, III, 73


et enfin celles d'orose au Ve siècle (Contre les païens, IV, 7, 12).(que je rajouterai quand je les aurais trouvé...)



7 eme Edition du WRG: Liste N°189 Spartacus de 73 av. J.-C. À 71 av. J.-C. (Liste adaptée pour Qadesh.)

1 C-in-C à pied LHI JLS, Sh ou LHI LTS, Sh ou LHI HTW, Sh @ 108 points.

1 - 6 Généraux à pieds LHI JLS, Sh ou LHI LTS, Sh ou LHI HTW, Sh @ 48 points.

5 - 22 Ex - gladiateurs "Irreg B" LHI JLS, Sh @ 9 points ou LHI LTS, Sh @ 9 points ou avec 0-2/3 en LHI HTW, Sh @ 9 points.

5 - 22 Ex - gladiateurs "Irreg B" LHI 2SA,Sh @ 10 points.

5 - 30 Ex - gladiateurs "Irreg C" LMI JLS,Sh @ 5 points ou "Irreg C" LMI LTS,Sh @ 5 points.

12 - 60 Ex - gladiateurs "Irreg C" MI JLS,Sh @ 5 points ou "Irreg C" MI LTS,Sh @ 5 points ou avec 0-2/3 en MI HTW, Sh @ 5 points.

0 - 40 Ex - esclaves "Irreg C" HI JLS,Sh @ 7 points ou "Irreg C" HI LTS,Sh @ 7 points ou avec 0-2/3 en HI HTW, Sh @ 7 points.

27 - 270 Ex - esclaves "Irreg C" LMI JLS,Sh @ 5 points ou "Irreg C" LMI LTS,Sh @ 5 points ou avec 0-2/3 en LMI HTW, Sh @ 5 points.

0 - 30 Ex - esclaves "Irreg C" HI JLS,Sh @ 7 points ou "Irreg C" HI LTS,Sh @ 7 points ou avec 0-2/3 en HI HTW, Sh @ 7 points.

14 - 45 Ex - esclaves "Irreg C"LMI LTS,Sh @ 5 points.

0 -1/3 - Extra pour passer les ex-esclaves "Irreg C" ci-dessus en "Irreg A" @ + 4points.

0 - 30 Ex - esclaves "Reg C"LMI JLS, LTS,Sh @ 7 points.

27 - 270 Ex - esclaves "Irreg C" LMI IPW @ 1 point.

27 - 45 Ex - esclaves "Irreg C" LI, B @ 3 points.

24 - 40 Ex - esclaves "Irreg C" LI, S @ 3 points.

0 - 30 Cavaliers "Irreg B" MC JLS, Sh @ 10 points.

0 - 15 - Extra pour passer les cavaliers MC en HC @ + 4 points.

0 - 20 Cavaliers "Irreg C" LC JLS, Sh @ 8 points.

Jusqu'à 3 unités régulieres, @ 10 points.

Jusqu'à 31 unités irrégulieres, @ 20 ou 10 points.

Les figurines (hors équipage) dotées seulement d'une arme de tir (sauf javelot) et de l'épée profitent du (-1) pour "épées et assimilées".

Dés qu'une unité irrégulière est composée de 2 modèles, de 10 cavaliers ou de 20 fantassins, son
coût de commandement devient identique à celui d'une unité régulière.

Qui n'a pas entendu parler du gladiateur thrace spartacus!

Après avoir quitté une école de gladiateurs avec ses camarades à capoue, il fut rejoint par des esclaves fugitifs de toutes nationalités.

Son armée a atteint un total de 90 000.

Ils ont été responsables de la défaite de plusieurs armées romaines et ont été finalement mis au pas par crassus.

Les esclaves pouvaient être armés dans leur tradition indigène en tant que gaulois, thraces, germains, illyriens etc.ou avec des équipements romains récupérés et pillés.

L'option irréguliers A refléte leur succès et leur désespoir.


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"Et comme chacun sait, deux ou même un nombre innombrable de couis ne font pas naitre un seul chêne" (Paskal)

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